Nobel Bob #4

On ne va pas se demander ici si Bob est légitime, s’il est l’héritier d’Homère, de Cisco Houston ou de Mel Tormé, chantons simplement la gloire du premier Nobel que tout le monde connaît et que personne n’a lu !

Maggie’s Farm (in Bringing It All Back Home, 1965)

1965, c’est l’année du schisme, fort bien représenté par la forme de l’album Bringing it all back Home, une face électrique qui s’ouvre sur le proto-rap Subterranean Homesick Blues, et se clôt sur l’adieu au public folk It’s All Over Now, Baby Blue. Mais c’est l’apparition en formation électrique à Newport qui cristallise la cassure. Depuis quelques années, Zimbo y était vu comme l’archange du folk à guitare en bois, celui qui avait su allier authenticité folk et succès commercial sans se vautrer dans l’immondice pop. La légende de cette prestation d’une vingtaine de minutes a enflé jusqu’à nous (Pete Seeger aurait voulu sectionner les câbles électrique à la hache, le public huait parce qu’il n’entendait rien). Il est vrai que le set fut monté à la 6-4-2 et qu’on entend bien que sur Maggie’s Farm, qu’ils ne changent même pas d’accord.  La ferme de Maggie, avec le frangin qui te met à l’amende quand tu claques la porte, avec la mère qui a 68 ans et qui dit en avoir 24, c’est la tribu folk. Et Bob leur dit dans le dernier couplet « je fais de mon mieux pour être ce que je suis / mais les gens veulent juste qu’on soit comme eux ».

A la fin du set, il quitte la scène et revient peut après—à l’insistance de son pote Johnny Cash—avec sa guitare en bois pour signifier aux folkeux à cols roulés que tout est fini Bébé bleu…

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