Les Faces B de Georges #16

La tondue (1964)

Alors là, on a du lourd :

1°) Les zich liebe dich : nominalisation, barbarisme et liaison impromptue : c’est un trésor grammatical. On devrait proposer cette prononciation pour qu’elle soit adopter par l’Union Européenne, et marque à jamais l’union sacrée de la France et de l’Allemagne

2°) J’aurais du : le remord chez Brassens, on a de quoi écrire une thèse. En avouant sa non-intervention, il se fait le porteur de nos pauvres lâchetés quotidiennes, une sorte de rédempteur chansonnier.

3° : les braves sans culottes et les bonnets phrygiens ont livré sa crinière à un tondeur de chiens : ah, les braves gens de la foule anonyme, qui, depuis La mauvaise réputation nourrissent les chansons et les craintes du vieux Georges (parce que Georges est vieux, toujours, depuis ses débuts, alors même qu’il reste un gamin qui dit des gros mots et ce paradoxe participe de sa grandeur !).

4°) la tondue : 20 ans après la Libération, on parle assez peu des « débordements » provoqués par la fin de l’occupation allemande. Brassens est l’un des premiers—le seul chanteur à l’époque en tous les cas—à évoquer l’épuration sauvage de ces temps troublés

 

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