Astral Weeks a 50 ans et il ne les fait pas !

et tout le mode s’en fout !…

On a déjà eu l’occasion d’évoquer ici le rouquin bougon de Belfast (et sa bande de sales gosses qui s’appelaient les Eux). En 1968, il a quitté l’Irlande pour les Etats Unis, a enregistré des singles avec Bert Berns (l’immortel auteur du sublimissime Twist & Shout) dont l’immense Brown Eyed Girl. Bert est mort et Van l’exilé, tout empli de hargne, de soul et de celtisme va faire bouillonner ses 23 ans dans un album hors normes, qui n’a pas de précédents et aura une descendance nombreuse, sans qu’aucun de ses rejetons ne lui ressemble vraiment. Ni folk celtique, ni rock, ni jazz, ni blues, ni soul mais un peu de tout ça à la fois, Van mélange toute la musique qu’il aime et en sort un objet sonore inouï qui, toute mauvaise foi de fan absolu mise à part, n’a pas pris une ride, et pour cause, il est totalement hors du temps. Aucun gimmick estampillé 60’s, pas de solo de guitare aigrelet, pas de psychédélisme acide. Il aurait pu être enregistré 20 ans avant ou avant-hier. Les conditions d’enregistrements sont mythiques : Van The Man ne communique pas, adresse à peine la parole aux musiciens. Quand le batteur lui demande ce qu’il doit jouer, il lui répond « Ce que tu veux ». Morrison est isolé dans un box au milieu du studio et laisse les musiciens , des jazzeux pour la plupart, et pas des seconds couteaux, improviser leurs parties sur ses structures. Du coup on a l’impression d’une grand jam, d’une sorte de transe mystique. Pour une fois le mot chef d’œuvre n’est guère usurpé !

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