J’crois qu’c’est Clair

Philippe Clair (Prosper Bensoussan, 1930-2020)

Philippe Clair, c’était un seigneur du cinéma consternant, le prince du nanar, l’empereur du film navrant, un gars qui ne reculait devant aucun gag, aussi pitoyable soit-il. Il a fait des films on ne sait comment, a lancé la carrière de vedette (comme on disait alors) d’Aldo Maccione, a tourné avec Jerry Lewis et est l’immortel—façon de parler—auteur et réalisateur de Rodriguez au pays des merguez (1979) une version, hmmm, personnelle du Cid.

S’il est responsable des débuts au cinéma des Charlots (La grande java, 1970) et de l’explosion d’Aldo la classe dans les années 80, il a néanmoins débuté sa carrière sur les planches et dans le cinéma de qualité française face aux plus grands acteurs de sa génération après avoir été formé au Conservatoire national supérieur d’art dramatique.

Surtout, il a réussi à réaliser 16 films entre 1964 et 1990, tous écartelés par la critique, aux titres aussi évocateurs que Tais-toi quand tu parles (1981), Plus beau que moi, tu meurs (1982), Par où t’es rentré, on t’a pas vu sortir (1984), et l’imparable, Si t’as besoin de rien…fais moi signe qui ont tous fait les beaux jours d’M6 quand elle n’était que la petite chaîne qui monte (ah, oui, là les moins de 50 ans n’ont pas la ref.). Pour tenter de conquérir un public jeune, nous pourrons tout de même préciser qu’il est le père d’Esteban, acteur de complément et chanteur des Naïve New Beaters sous le pseudo de David Boring.

Il a donné dans tous les genres du nanar du samedi soir : comique troupier, comique vaudeville, comique franchouillard, comique portnawak—dans le genre, son grand œuvre est Le Führer en folie (1973) (une comédie dont les principaux protagonistes sont Adolf Hitler et Eva Braun (interprété par Henri Tisot et Alice Sapritch)). Mais son grand apport au cinéma français fut l’introduction du comique pied-noir, dès son premier film, Déclic et des claques (1964). Jusqu’à donner à l’immense Jerry Lewis l’accent pied noir dans Par où t’es rentré… ! Il fallait oser, il l’a fait. Respect !

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