Série, ze t’aime

et merci à Bob Azzam et son orchestre pour ce titre zézayant

No Man’s Land (Amit Cohen, Ron Leshem, Maria Feldman, Eitan Mansuri ; France Israel Belgique, 2020 ; disponible sur Arte jusqu’au 29 mai 2021—encore 2 confinements quoi…)

Une série française (et belge et israélienne un peu aussi) qui joue dans la cour des grands et n’est pas produite par une chaîne privée ou une plateforme et que par conséquent tout le monde peut voir sans bourse délier (enfin, on compte pas la redevance, héhéhé) ? Oui c’est possible !

Antoine Habert aperçoit une silhouette de femme qui lui semble être sa sœur Anna dans le flash d’une chaîne d’info. Plusieurs problèmes : la scène se passe en Syrie, une explosion met fin à la video, mais, surtout, sa sœur est décédée en Egypte deux ans plus tôt. Le lendemain, Antoine part pour la Turquie…

On ne parle pas ici d’agents d’acteurs parisiano-parisiens et de leurs petits soucis, ni de l’incendie d’un des premiers supermarché à la fin du XIXe siècle, ni de femme flic à chapka, mais des sujets qui fâchent : la présence de Daesh en Syrie, la guerre civile, et ces hommes et femmes venus du monde entier pour combattre d’un coté ou de l’autre. Sans oublier le rôle des services secrets, principalement le Mossad, dans ce marasme.

Antoine, c’est nous, un citoyen lambda plongé au cœur d’un conflit auquel on ne comprend pas grand chose. Les showrunners mêlent habilement intime et historique, barbouzes et love story, film de guerre et thriller. Par moment, on dirait presque du John Le Carré*, ce qui, venant de notre part, n’est pas un mince compliment. Ce n’est pas un hasard si Amit Cohen et Ron Leshem sont, eux aussi, des anciens des services secrets.

* : John Le Carré vient de nous quitter, il faut donc bien nous résigner à ne plus espérer le nouveau roman John Le Carré (heureusement, il y en a plein d’anciens qu’on a pas lus), ni son excellente traduction par l’admirable Isabelle Perrin, dont l’adaptation du titre du dernier opus du Maître, Retour de service, était un bijou aux sens multiples comme les aimait le vieux David Cornwell. R-I-P (pour ceux qui n’ont pas encore fait leurs cadeaux, un bon vieux John Le Carré, c’est jamais mauvais…)

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