L’étube #2

Les féministes dansantes de Zouk Machine sentaient venir la maldonne, Mylène, à l’apogée de son aura kinky-sexy-morbide, se fait carrément prophétesse des temps à venir en ce début des 90’s…

1991 : Mylène Farmer, Désenchantée

Mylène a bien compris que l’enchantement était terminé et que l’on allait, sous peu, dé(san)chanter. Cette capacité à voir l’avenir lui permit d’écouler 1 300 000 singles, et à Désenchantée d’être le titre le plus diffusé de l’année. Comme à son habitude—tradition entamée avec Libertine—la chanson est accompagnée d’un clip démesuré, tourné en Hongrie, qui dépasse les limites temporelles du titre proprement dit.

Dans une ambiance glauquissime et enneigée—qui annonce le futur long métrage  stalino-hiverno-goulash Georgino (du complice de toujours–du moins jusque là–Laurent Boutonnat), gros gros flop en 1994 (budget de 12M d’euros et box office plafonnant à 70 000 entrées, pas toutes payantes) qui calmera un temps l’équipée fermière—la chanteuse poil de carotte–petite tache de couleur dans l’espace blanc, gris et vert sale du clip–est l’étendard de la révolte de cette génération qu’elle est peut-être la seule à (désan)chanter… Malheureusement, une fois la clé des steppes prise de force, les révoltés de l’inabouti se retrouvent face au vide de la plaine…Cette confrontation à l’immensité confirme le statut d’oracle de Mylène, et son chant survit à sa peine, traversant les générations…

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