L’autre fils de Bogdan

Eh oui un peu de culture linguistique pour débuter l’année : dans les langues slaves les suffixes -ov et ovich (ovic) signifie fils du prénom qui les précède ! Ainsi, les frères Bogdanov (1949-2022)et Peter Bogdanovich (1939-2022) sont tous trois les fils de Bogdan !

Peter Bogdanovich (1939-2022)

Peter Bogdanovich est plus (ou moins, soyons francs) connus sous nos longitudes pour avoir :

  • réalisé La cible (Targets, 1968) sous les auspices de Roger Corman (immortel producteur réalisateur de series B, auteur du fameux Comment j’ai fait 100 films sans jamais perdre un centime (How I Made a Hundred Movies in Hollywood and Never Lost a Dime, 1998)), célèbre pour avoir mis en scène, outre un Boris Karloff dans son dernier rôle, un tueur fou tirant sur la foule au hasard avec son fusil à lunettes, ce qui était une première (mais pas une dernière) dans le cinéma américain
  • réalisé La dernière séance (The Last Picture Show, 1971) qui, en sus d’avoir probablement inspiré une grande chanson–et une fameuse émission télévisée–à Eddy Mitchell, est un des films américains les plus inspirés par le cinéma de la nouvelle vague (la nôtre, pas le nouvel Hollywood). C’est le film qui mit le pied à l’étrier à Jeff Bridges et Cybill Sheperd (alors Mme Bogdanovich à la ville) et fut nommé 6 fois aux Oscars. La suite, Texasville (1990) mettant en scène les même personnages 20 ans après, n’est pas au niveau mais est loin d’être un mauvais film.
  • c’est ensuite pour des raisons plus triviales, pour ne pas dire carrément sordides, que l’on connait Peter : il est le compagnon de la starlette et playmate Dorothy Stratten lorsque cette dernière est assassinée par son ex-mari en 1980 (Bob Fosse en fera Star 80 en 1983). Elle venait de jouer dans Et tout le monde riait (They All Laughed, 1981). Elle ne le verra jamais terminé. Bogdanovich mettra des années à s’en remettre…
  • enfin, et, en ce qui nous concerne, surtout, Peter Bogdanovich restera avant tout un immense cinéphile qui, dans les années 60 et 70, alors qu’ils n’intéressaient plus grand monde, alla interviewer les plus grands représentant de l’âge d’or d’Hollywood, de Robert Aldrich à Howard Hawks en passant par Raoul Walsh ou Orson Welles, et réunit ces entretiens dans la somme insensée qu’est Who the Devil Made It (1997, traduit en 2018 sous le titre Les maîtres d’Hollywood : Entretiens avec Peter Bogdanovich tome 1 & 2 , ed. Capricci) et dans l’indispensable Moi, Orson Welles (This is Orson Welles, 1992) ainsi que dans maints documentaires. Il fit de même avec les acteurs de la même époque dans l’autre somme qu’est Who the Hell’s in It (2004, non traduit)
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