Florilège personnel et désordonné du cinéma mondial #5

Barry Lyndon (Stanley Kubrick, 1975)

Peut-on comprendre qu’à l’époque où sortait Barry Lyndon, les critiques furent plutôt tièdes ? Kubrick sortait de deux films d’anticipation (2001 et Orange Mécanique) et son recours à l’artifice du film en costume, ainsi que la froideur du film, dérangèrent. Pourtant, plus on le revoit, plus il apparait comme celui qui a le moins vieilli des trois. Il faut dire qu’il produit déjà du vieux. Chaque ouverture de séquence est une parfaite reproduction des tableaux du 18e et de leurs scènes de campagne, de débauche ou de bonheur familial. La photo est sublime, la voix off est utilisée intelligemment (au lieu d’être redondante, elle éclaire d’une lumière ironique les images, les contredit, comme dans la scène avec la séquence de la paysanne allemande). La musique est fabuleuse. Les acteurs, et l’inexpressivité totale de certains d’entre eux, telle Marisa Berenson—qui rend très bien la place de la femme de la noblesse de l’époque (elle est vendue à un riche vieillard puis, une fois veuve et héritière, devient la proie d’un arriviste)—sont excellents. La fin d’une ironie glaçante qui voit le héros précipiter sa déchéance par le seul acte altruiste de son existence et qui clôt la boucle de ses aventures par la figure redondante du duel, est magnifique. Un chef d’œuvre !

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