Sans Sean

Sir Thomas Sean Connery (1930-2020)

Sean Connery nous a quitté et nous en sommes fort marri. Car Sean (prononcez /chon’/) faisait un peu partie de notre vie et pas seulement à cause de l’atroce blague de la Brigade du Calembour Foireux qui lui prêtait un mariage avorté avec Aretha Franklin à cause du patronyme dont cette dernière eût été affublée à la suite de la cérémonie.

N’ayant jamais été très bondien, force nous a été néanmoins de constater qu’avant Daniel Craig, ce bon vieux Sean fut la parfaite incarnation du septième agent double zéro.

Et si pour nombre d’entre nous, sa carrière se résume à son statut de sex symbol fatal des années 60, la filmographie de l’Écossais ne saurait se limiter à ce rôle d’espion qui dit son nom à tout le monde—c’est même sa marque de fabrique—ce qui, convenons-en, est assez hardi pour un agent dit secret.

Au palmarès du bonhomme, on peut aussi compter une longue collaboration avec Sydney Lumet qui produisit un grand film « contre » (La colline des hommes perdusThe Hill, 1965)) et une pépite psychédélico-psycho-merguez d’un glauque absolu, The Offence (1973), même pas sortie en France à l’époque et qui peut se targuer du qualificatif autrement galvaudé de « culte ».

Il est le Daniel Dravot, sous off démobilisé de l’armée du Raj grisé par le vertige du pouvoir dans le chef d’oeuvre (si, si) de John Huston, L’homme qui voulut être roi (The Man Who Would be King, 1975) aux cotés de Michael Caine.

Il est impossible d’oublier le slip rouge et la coupe de joncs improbable du cultissime (encore) Zardoz (John Boorman, 1974)

Ni le Robin des Bois vieillissant de l’excellent La Rose et la flèche (Robin & Marian, Ricard Lester, 1976), avec Audrey Hepburn en Lady Marianne arrachée à son couvent par son vénérable Robin de retour des croisades.

Il fut aussi le Dr Jones premier du nom, père de Junior—Indiana était le nom du chien—sûr de son sex-appeal et faisant preuve d’une culture classique capable de le sauver in extremis d’un pas fort mauvais.

Bien sûr, il se commit aussi dans nombre de films bien moins reluisant, son rôle d’immortel hidalgo mentor de Christophe Lamber dans Highlander (Russel Mulcahy, 1986) n’étant pas la moindre de ses panouilles bleutées des années 80.

Mais il participa néanmoins à quelques films honorables durant cette période dont Les incorruptibles (The Untouchables, Brian de Palma, 1987) dans lequel son rôle de vieux flic irlandais bourru lui valut un Oscar.

Sa moustache et sa calvitie assurèrent à pas mal de mâles qui avaient le front qui poussait plus vite que les cheveux qu’il n’y avait pas qu’un modèle de séducteur et que tous les espoirs étaient permis ! Pour cela, nous lui devons une reconnaissance sans bornes.

R-I-P

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